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AstronomiA - L'astronomie pédagogique
 
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La présence bienfaitrice du Soleil a toujours rassuré les hommes. L'inquiétude de son éventuel non-retour a hanté durant des millénaires l'imaginaire collectif. Ainsi, le mot "éclipse" provient du grec "ekleipsis" qui signifie omission ou abandon.

Aux quatre coins du monde, ce phénomène naturel a été interprété de façons diverses. Dans la plupart des récits, un scénario identique se répète: un animal fantastique avale le Soleil. Dans une grande partie de l'Asie, de la Chine à la Mongolie, la bête légendaire emprunte les traits d'un dragon vorace. Plus tard, Grecs et Romains le reprendront à leur compte.

Là où les Paraguayens imputent la responsabilité de l'éclipse à un jaguar, les habitants de Sibérie y voient un vampire. En revanche, en Bolivie, un chien géant ne fait qu'une bouchée de notre étoile. Devant ce gueuleton céleste, les êtres humains interviennent souvent pour que le Soleil ne termine pas irrémédiablement dans l'estomac d'une de ces créatures. Au moyen d'ustensiles de cuisine, des jeunes filles vietnamiennes doivent alerter un seigneur assoupi qui fera recracher le Soleil à une grenouille géante. En Scandinavie, par le choc de casseroles, on croyait empêcher la digestion des deux loups affamés qui ont croqué à belles dents les astres du ciel, Soleil et Lune compris.

Influencé par l'épopée hindoue, un mythe indonésien parmi les plus aboutis et originaux met en avant le caractère provisoire de l'absence du Soleil. Convoitant l'immortalité des dieux, Kala Rau, un voleur, s'empare de la potion magique. On coupe la tête au criminel juste après qu'il ait bu le breuvage. Depuis lors, décapité, il poursuit la Lune et le Soleil dans le ciel. Et quand il les attrape, sa gorge tranchée les rejette quelques instants plus tard.

Chez nous, au Moyen Age, éclipse rime avec apocalypse. Dans leurs descriptions effrayantes, les moines associent l'événement céleste à une descente aux enfers, dans les ténèbres. De tels réflexes n'appartiennent pas définitivement au passé lointain. En 1991, lors de l'éclipse totale du Soleil au Mexique, le gouvernement a appelé la population à se cloîtrer chez elle, devant son poste de télévision, pour suivre le spectacle en toute sécurité.

Toutes les croyances humaines n'attribuent toutefois pas l'éclipse solaire à l'intervention du Mal. Dans la cosmogonie tahitienne, la romance fondatrice démarre sur une partie de cache-cache entre la Lune et le Soleil. De leurs étreintes célestes naquirent les étoiles. Tout aussi positives, les communautés Inuit de l'Arctique estiment que, si le Soleil quitte momentanément sa position normale, c'est pour mieux surveiller ce qui se passe sur Terre.

Outre l'explication culturelle, des scientifiques, surtout au Proche et en Extrême Orient, se sont très vite penchés sur le sujet pour le comprendre. C'est dans une chronique indienne que l'on relève la première évocation d'une éclipse. Elle remonterait au 21 octobre 3784 ACN.

Dès 2800 ACN, les Chinois parvenaient à répertorier les éclipses précédentes et à anticiper la venue des suivantes. Les astronomes de l'Empire du Milieu se basaient sur le saros, une période réglant approximativement le retour des éclipses. Approximativement, malheureusement car la prévision ne s'est pas toujours soldée par un succès. Deux astronomes de la cour impériale, les frères Hsi et Ho n'auraient pas, selon la légende, réussi à annoncer une éclipse solaire, vers 2000 ACN. L'Empereur les a puni de cette erreur en les décapitant sur le champ.

Malgré le goût chinois pour l'astrologie politique, on doit aux Babyloniens, friands de phénomènes célestes, les premiers véritables compte-rendus d'éclipses, en 750 ACN. Les astronomes de Babylone, les mesuraient, les observaient, et les relevaient systématiquement sur des tablettes astronomiques dont on n'a retrouvé que des milliers de fragments. D'une qualité incomparable, les écrits babyloniens poussent la perfection jusqu'à dater l'éclipse à l'heure près.

Plus près de nous, Homère dans son "Odyssée" mentionne une éclipse sans la décrire. A partir de 700 ACN, les historiens Ptolémée et Thucydide approfondiront le phénomène. Quant au monde musulman, pratiquement dès sa naissance, il s'est passionné pour l'astronomie scientifique. Au Caire, en Arabie Saoudite ou à Bagdad, des astronomes bien équipés, expérimentés, et soutenus par les souverains se livrent, dès 800 PCN, à une chronique dans un style fleuri. En Occident, il fallut attendre le Moyen Age pour que l'observation astronomique se développe à nouveau par l'intermédiaire des centres monastiques.

 

 

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