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"Un grand jour" Youri Koptev, le patron de l'agence spatiale russe, la RKA, n'a pas mégoté son plaisir. L'amarrage réussi dans la nuit de mardi (25/07/2000) à mercredi du module Zvezda (étoile en russe) à l'embryon de station orbitale constitué du module russe Zarya et du nud de jonction américain Unity représente un pas décisif pour cet énorme projet.
Effectuée en automatique, à 400 km d'altitude, la manoeuvre n'avait rien de facile. Il fallait, pour amarrer le module de 20 tonnes, faire pivoter de 180° l'ensemble Zarya-Unity. Puis piloter en douceur et avec précision les deux parties lors d'une approche finale à 20 cm par seconde, une vitesse nécessaire au moment de l'emboîtement pour déclencher les 24 crochets de fixation. Les opération étaient dirigées depuis le Tsoup, le centre de contrôle des vols spatiaux, dans la banlieue de Moscou. Les Russes ont une grande expérience de ces rendez-vous spatiaux... et de leurs difficultés.
Objet politique. A de nombreuses reprises, les cosmonautes ont dû prendre en main le pilotage final, voire sortir en scaphandre pour évacuer à la main un chiffon oublié dans le mécanisme de jonction.
Parfaitement réussi, l'amarrage efface les deux années de retard pris par les Russes pour la réalisation de Zarya, le module d'habitation et de pilotage de la station spatiale internationale, l'ISS. Ce succès lève une grande part des hypothèques techniques qui pesaient encore sur ce projet qui réunit 16 pays (Européens, Japonais, Canadiens) mais où Russes et Américains sont largement dominants. Avec ses moteurs, Zvezda confère une autonomie de pilotage qui faisait défaut jusqu'alors à l'embryon de station, en particulier pour lutter contre l'abaissement régulier de son altitude.
Conçue après la chute du Mur de Berlin comme un objet politique destiné à renforcer les liens entre les Etats-Unis et la Russie, l'ISS repose sur un assemblage hétéroclite des technologies des deux supergrands du spatial. Recyclage des anciens projets nationaux - la station Freedom lancée par Reagan en 1984 et Mir-2, le successeur de l'actuelle station Mir qui vole depuis 14 ans -, l'ISS doit être assemblée d'ici à 2005.
Coût exorbitant. Dotée de panneaux solaires géants, augmentée de trois laboratoires scientifiques (américain, européen et japonais) elle fera à terme plus de 100 mètres de long et 450 tonnes. Un Meccano spatial dont le coût total (vol de navette et fonctionnement compris jusqu'en 2013) est estimé à près de 100 milliards de dollars par des experts indépendants de la Nasa. Un coût exorbitant au regard des recherches scientifiques qui pourront y être menées mais en droite ligne de ceux des vols habités.
Sources: Libération (Par Sylvestre Huet) - http://www.liberation.fr/
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